Critique des «Frontières liquides» par le blog Au pays des Cave Trolls

Critique des Frontières liquides (Jérôme Nédélec) par le blog Au pays des Cave Trolls

Ceux qui suivent ce blog connaissent mon grand intérêt pour tout ce qui a trait aux vikings et à leurs mythes. Ainsi quand j’ai entendu parler de ce roman par l’ours inculte, il a tout de suite éveillé ma curiosité. Et quelques temps après, ma curiosité a été à nouveau éveillée par un mail de l’auteur me proposant un service presse pour son roman. Proposition très intéressante et bienvenue pour un roman qui vaut le détour.

Ce roman est le premier de l’auteur qui a déjà écrit quelques nouvelles auparavant. C’est aussi le premier tome d’une trilogie L’armée des veilleurs. Cette trilogie fait partie d’un projet « transmedia » qui a été soutenu via Ulule en juin 2017. Le projet comportait diverses choses dont un site internet, des vidéos et des musiques. Petite précision concernant le titre de ce premier tome, les frontières liquides font référence aux fleuves qui marquent des frontières.

Maintenant que les présentations sont faites, venons en au cœur du sujet. Le roman situe son action à la fin du IXe siècle en Bretagne sur la rive ouest de la Visnonia ancien nom de la Vilaine. Les incursions vikings ont été nombreuses en France et la Bretagne n’y a pas échappé. Le roman raconte ainsi le face à face entre Les Morlaeriens (vikings) d’un côté et les bretons. Les vikings sont motivés par la soif de richesse et de territoire tandis que les Bretons se défendent. Situation de départ assez simple, cependant s’y rajoute la présence d’une mystérieuse petite fille (en apparence) qui apporte un peu de surnaturel à l’univers. Elle va se retrouver mêlée au conflit et semble guidée par un but énigmatique. Elle amène beaucoup de questionnements dans l’intrigue, son personnage est intéressant et intriguant. Quelques chapitres où elle est la narratrice lui sont consacrés.

La narration justement parlons en maintenant est faite à la première personne en changeant de narrateur à chaque chapitre. Nous avons ainsi deux narrateurs principaux, un dans chaque camp: le breton est le second de la garnison qui défend le fleuve, le viking est le frère du chef et un un guerrier vieillissant fortement porté sur la bouteille. Cette narration a le mérite d’éviter le manichéisme en apportant le point de vue de chaque côté du conflit. De plus, comme la narration est alternée, cela donne plus de rythme au roman et permet de mieux comprendre certaines situations.

Les deux narrateurs sont des personnages intéressants qu’on apprend à connaitre et à apprécier. Le héros breton est un soldat un peu particulier, qui doute des croyances chrétiennes bien établies, et qui a une culture plus élaborée que le troufion de base. Le héros viking est un grand combattant avec des points faibles et qui a une relation pas très amicale avec son frère, le chef. Les rivalités sont nombreuses entre les différents clans vikings (avec des tarés de chefs de clans), et les intrigues pour détenir le pouvoir à l’intérieur des deux camps sont nombreuses.

Les personnages secondaires sont assez nombreux dans les 2 camps. Ils sont également bien travaillés, vivants et intéressants. Le roman est rythmé par des scènes de combat bien décrites et réalistes. Il ne s’agit pas de bataille de masse, à la Seigneur des anneaux mais elles apportent ce qu’il faut d’action au récit.

Le roman appartient au genre de la fantasy historique. L’aspect historique est bien détaillé, les références à l’histoire sont assez nombreuses avec notamment l’utilisation de termes d’époque. Ces derniers sont expliqués dans un glossaire à la fin du roman et en version électronique, c’est un peu pénible pour y accéder. Cependant, elles ne gênent pas dans la compréhension de ce qui se passe.

Le personnage sur la couverture m’a un peu fait penser à un des personnages de Viking, le Jarl Borg, je ne sais pas si c’était voulu. Il n’a cependant pas la même expression. Les runes et la hache sont bien représentatifs du sujet mais le personnage au milieu gâche un peu. Je préfère notamment l’image avec les guerriers que l’on peut trouver sur le site.

Les frontières liquides est ainsi un bon premier roman qui se lit facilement. La double narration permet de suivre l’évolution du conflit dans les deux camps, les personnages sont humains et attachants. L’aspect historique est bien développé. Le surnaturel est apporté par le personnage de la petite fille qui apparait comme très prometteur pour la suite en amenant une autre dimension à l’histoire.

Célindanaé