«Les éditeurs locaux, artisans multicasquettes», Le Télégramme

«Les éditeurs locaux, artisans multicasquettes», par Catherine Lozac’h, Le Télégramme, 6 juin 2018

Ce week-end, Livr’à Vannes offrira une belle vitrine à plus d’une centaine d’auteurs. Et les éditeurs dans tout ça ? Les doigts d’une main suffisent à compter les professionnels du secteur. Rencontre.

Alors qu’il n’y a jamais eu autant d’auteurs en France, les temps ne sont florissants ni pour les libraires ni pour les éditeurs indépendants. Dans le grand secteur de Vannes, ils sont néanmoins quelques-uns à réussir à vivre de cette activité. Deux d’entre-eux, qui travaillent la matière locale, seront présents à Livr’à Vannes, indirectement. Le salon a en effet la particularité d’être un salon d’auteurs, invités par les libraires indépendants du centre-ville et la directrice du salon.

Un côté magique

Stéphane Batigne, éditeur à Questembert depuis 2014, sera, lui, présent pour la première fois à Vannes. Jérôme Nédélec y dédicacera son roman « Les frontières liquides » et son tout nouvel ouvrage dans le même univers historique « Le trésor des Hommes du Nord ». « C’est une reconnaissance pour l’auteur et une marque d’intérêt pour l’éditeur », savoure Stéphane Batigne. Dès 1995, une formation aux métiers de l’édition donne une nouvelle orientation à la vie professionnelle de ce scientifique.

Pendant plus de quinze ans au Canada, il a cumulé les expériences autour de sa future voie : graphiste, correcteur, rédacteur, journaliste avant d’être engagé en 2000 dans une maison d’édition. « Ce qui m’intéresse dans l’édition, c’est le plaisir de l’accouchement : faire naître des ouvrages qui sont des créations, puis les faire vivre et rencontrer un public. Ça a un côté magique ».

Artisan en circuit court

Ses éditions comptent déjà 150 références. « C’est un métier de rencontres fortes ». Mais aussi un métier bousculé par les évolutions technologiques, les fusions d’entreprises ou le développement des sites de ventes en ligne. Stéphane Batigne constate ainsi : « Je fais seul le travail de cinq personnes il y a quelques années, même si j’assume douze casquettes différentes dans la même journée. Je revendique une pratique artisanale et je m’en sors. » Très présent dans la vie locale, il poursuit : « Je fais le choix de ne pas jouer au grand : je me limite à dix ouvrages par an dont j’assure la diffusion et la distribution en direct avec des librairies partenaires ». Du circuit court. La culture, comme l’agriculture, laissent un peu de champ libre aux petits producteurs locaux.