Sous la cendre

Benoît Broyart

Qui est cette femme venue se glisser dans le lit du père, peu de temps après la mort accidentelle de la mère ?

Pour le père, c’est une bénédiction, un océan de sensualité, un corps dans lequel il plonge de tout son être, de toute sa virilité retrouvée.

Mais pour Paul et Anna, cette belle-mère surgie de nulle part n’est pas totalement bienveillante, pas totalement innocente, pas totalement naturelle… Est-elle même vraiment humaine ?

Nourris par les contes de fées qu’Anna, muette, écrit dans ses carnets, les deux adolescents comptent bien démasquer celle qu’ils soupçonnent de terribles desseins.

La démasquer. Et l’éliminer.

Vingt ans après un roman paru aux éditions du Rouergue (Le corps en miettes) et la publication récente d’un roman graphique chez Glénat sur Antonin Artaud (Nanaqui, dessins de Laurent Richard), Benoît Broyart propose avec Sous la cendre un huis-clos familial lourd et sombre inspiré par les plus noirs des contes traditionnels.

  • Stéphane Batigne éditeur / Tri Nox, 2020
  • 244 pages
  • 13 x 20 cm
  • ISBN : 978-2-490808-03-8
  • 16 €

Extrait



Le soir, j’étais percluse de douleurs, j’avais du mal à me déplacer, avec la sensation de n’être qu’une large plaie ouverte.
Quand notre père est rentré et que je suis descendue de ma chambre, de façon incompréhensible je n’avais plus aucune trace sur le corps. Pas de bleu, encore moins de croûte ou de plaie, alors que j’avais passé l’après-midi couchée sur mon lit, enroulée dans mes draps, les tachant de mon sang. L’arcade ouverte à gauche, je m’en souviens bien. D’un coup de baguette ou par une de ses formules magiques, elle avait tout fait disparaître juste avant l’arrivée de notre père.
J’avais du mal à mettre un pied devant l’autre en descendant manger. Carole a expliqué que j’avais de la fièvre, ce qui justifiait les courbatures importantes.
Mais c’était Carole, ma maladie. Notre maladie.
Une maladie qu’on a longtemps crue incurable.