Rencontre avec Laure Des Trésors

Pourquoi écrire pour les enfants?
Laure Des Trésors: J’ai décidé d’écrire pour les enfants parce que j’ai souvent été déçue par les histoires que je lisais à mon fils, parce qu’il n’y a pas de limite à l’imaginaire et parce que je n’avais pas le courage de faire des recherches poussées pour écrire des romans policiers ou historiques pour les adultes.

Comment est né le personnage de Hellsy?
Par hasard!!! En fait, je ne m’en souviens pas bien. J’étais partie sur des histoires d’enfants ayant des défauts, se retrouvant en difficulté à cause de ces défauts, ou mettant en difficulté leurs parents qui ne savent plus comment gérer la situation (problèmes des enfants dits «à problèmes» et des parents démissionnaires). Du coup, il me fallait une solution pour arranger les choses et, comme Joséphine, ange gardien, était déjà prise sur d’autres contrats…, j’ai dû engager un illustre inconnu pour faire le travail, à grand renfort de magie, bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle.

Les parents sont singulièrement absents dans vos histoires… Comme dans la vraie vie?
Ha ha, j’aime beaucoup cette question. Du coup, ça me ramène un peu à la réponse précédente, où j’évoque les parents démissionnaires. Sans jeter la pierre à qui que ce soit (vu que je suis moi-même largement concernée), on est tous d’accord pour dire que, souvent, nos enfants se comportent beaucoup mieux avec une tierce personne qu’avec nous. On n’ose à peine les emmener chez des amis parce qu’on appréhende qu’ils nous pourrissent notre temps de loisir et, en fait, quand on les place chez une nounou pendant notre temps de travail, on apprend avec stupeur qu’ils ont bien dormi, qu’ils ont bien mangé, qu’ils ont été a-do-raaaaaa-bles. D’où le fait de faire intervenir, dans mes histoires, un personnage qui va prendre en charge nos petits casse-pieds avec qui on ne sait plus comment faire.

Entre les trolls, les dragons et maintenant un phénix, vos histoires sont ancrées dans un certain imaginaire. La réalité vous ennuie?
Oui, un peu. Et puis, j’écris pour les enfants, pas pour moi. Les enfants et les adultes passent leurs journées à devoir être sérieux, sages, à l’école ou au travail; obéissance, discipline, calme, apprentissages, règlements à respecter, pfou… Personnellement, j’aime bien sortir de tout ça et m’évader, donc mes lectures sont essentiellement des fictions et mon écriture est influencée par ce que je vis et par ce que je lis.

Comment expliquez-vous qu’en 2015, les princes, les princesses et les lutins soient toujours aussi populaires chez les enfants.
Je pense que c’est comme le symbole de l’infini: il y a une transmission perpétuelle des parents à leurs enfants. Les princes et les princesses continuent de représenter une vie de rêve, une vie idéale, les princesses sont belles, les princes sont charmants; ils vivent dans des châteaux et ont tout ce dont ils ont besoin. Les princesses ont de belles robes et de magnifiques cheveux toujours bien coiffés, les princes savent monter à cheval et défendent leur royaume contre ses ennemis. Quant aux lutins, ils représentent la magie, tout comme les fées, par exemple. Et quelle que soit l’époque à laquelle on vit, quel que soit notre âge, je pense qu’on aimerait tous bénéficier d’un coup de pouce magique pour enjoliver notre vie.