Magiciens, sorciers et culte de la mort

Charles Géniaux

Des « écouteuses de trépassés » qui communiquent avec les défunts. Des chandelles croisées qui donnent à voir le visage de l’être aimé. Des « boîtes à chefs » contenant les crânes des parents décédés, qu’on aligne sur des étagères. Des « voueurs » et des « leveurs de trésors », une « croix des veuves », un « mur des disparus », des « puits qui parlent », des « soutireuses de lait »…

Au tournant du XXe siècle, Charles Géniaux (1870-1931) se passionne pour la sorcellerie et le culte de la mort en Bretagne. Parcourant sans relâche les campagnes et les ports de pêche, il visite les cimetières et les ossuaires, rencontre des informateurs, se fait raconter des histoires, qu’il transcrit et fait publier, accompagnées de ses photos, dans différents magazines.

Plus d’un siècle plus tard, ces récits n’ont rien perdu de leur pouvoir d’évocation et de fascination.

Parution: hiver 2021

  • Stéphane Batigne éditeur, 2021
  • 98 pages
  • 10 x 15 cm
  • ISBN : 979-10-90887-86-2
  • 8,50 €

Extrait

L’exiguïté des terrains consacrés aux enterrements oblige les fossoyeurs à recueillir les reliques des plus vieux d’entre les morts ; mais une coutume pieuse et macabre donne aux ossements une place dans les ossuaires ou les chapelles funéraires.
Aussitôt déterré, le crâne du défunt est déposé au « karnel », ou charnier, et la famille s’empresse à lui faire confectionner, par le menuisier, une petite châsse de bois en forme de chapelle.
Le crâne ainsi logé sera, suivant les habitudes de la paroisse, porté soit dans le chœur de la chapelle funéraire, ou simplement placé dans les cases disposées à cet effet à l’extérieur de l’ossuaire.