Les souliers rouges. Victimes et criminelles bretonnes

Hélène du Gouezou

En Bretagne comme ailleurs, les femmes n’ont longtemps eu le choix qu’entre deux paires de souliers. Les uns, trop étroits, les condamnaient à la soumission, à l’effacement, à une vie de servitude domestique. Les autres, trop grands, les transformaient en monstres dès qu’elles osaient enfiler les habits du pouvoir, de la révolte, ou même du simple désir de liberté.
En s’appuyant sur l’étrange conte traditionnel breton « Les souliers rouges », Hélène du Gouezou nous invite à la rencontre d’une quinzaine de Bretonnes qui, dans l’histoire ou dans la légende, ont marqué l’imaginaire collectif, soit comme victimes d’un crime, soit comme criminelles.
De la Belle Tamisier à la Jégado, en passant par Barbe Ropars, sainte Tryphine ou encore Marion du Faouët, ces personnages illustrent par leur parcours la difficulté d’être femmes, jadis comme aujourd’hui.

TABLE DES MATIÈRES

LES VICTIMES
Effeuiller la Marguerite (Marguerite Filly)
Pauline, un cold case dans les monts d’Arrée (Pauline Picard)
Gabrielle ou le grand crime de Sizun (Gabrielle Kerbrat)
Tryphine, martyre de Barbe Bleue (Sainte Tryphine)
La tragédie de Barbe (Barbe Ropars)
La Belle Tamisier met le feu (Mme Portier)

LES CRIMINELLES
Anne et Catherine, crochets et loquets (Anne Urvoas et Catherine Caër)
La grande évasion de Catherine (Catherine Legoff)
Avec Marion, la bourse ou la vie ! (Marion du Faouët)
La Charlézenn, pasionaria du Trégor (Gaïdig Charlèz)
Le bouillon de onze heures d’Hélène (Hélène Jégado)
À la folie avec Marie-Françoise (Marie-Françoise Bougaran)

AVOCATE, BOURRELLE ET SOLDATE
Les victoires de Marie-Victoire (Marie-Victoire de Lambilly)
Marguerite la bourrelle (Marguerite Le Paistour)
À la hussarde avec Angélique (Angélique Duchemin)

Épilogue

  • Stéphane Batigne éditeur, 2026
  • 136 pages
  • 13 x 20 cm
  • ISBN : 978-2-493599-20-9

Extrait

Quittant un Morbihan de plus en plus échaudé par cette dangereuse cuisinière, Hélène Jégado gagne Rennes en 1848. Elle ne va pas très bien, rongée, non par quelque remords, mais par un mal qui la tue à petit feu et que les crimes et l’alcool n’endiguent pas : un cancer du sein qui insidieusement se métastase. Mais au mitan du XIXe siècle où la protection sociale n’existe pas, il lui faut du travail pour bénéficier du gîte et du couvert. Elle est d’abord employée par la famille Rabot. Le petit Albert, neuf ans, ne l’aime pas et n’en fait pas mystère, se plaignant de sa mauvaise odeur ; il en meurt.

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