Ombres et lumières

Élodie Auer Audrey Bernhardt Claire-May Blanc Lamiae Chaali Pascale Corde Fayolle Bruno Cornières Élodie Coudert Lucie Heiligenstein Rémy Le Chêne Gilles Le Montagner Gaëlle Le Quernec Louise Miara Stéphane Mouton Patrick Pierre Marianne Pistone Rémi Proville Adeline Roussel Éric Souriat Corinne Valton Dean Venetza

La lumière qui capte le regard dans le noir… et l’aveugle parfois de tant l’attirer. La lumière qui rassure l’enfant le soir, à l’heure où règnent les ombres, à moins qu’elle ne le terrorise.

Éclairages éblouissants de la ville ou lueurs discrètes dans le ciel, embrasement flamboyant au bout du tunnel ou rai fragile filtrant sous la porte : complice ou ennemie, annonciatrice des pires monstruosités ou révélatrice des plus beaux secrets, la lumière est le personnage principal de ces vingt nouvelles.

Lumières parmi les ombres, ombres parmi les lumières. Peuvent-elles se passer les unes des autres ?

Les nouvelles qui composent ce recueil ont été sélectionnées parmi les textes soumis au concours Nouvelles du Pass’Temps 2015-16, sur le thème « Lumière(s) », organisé en collaboration avec le Pass’Temps, espace culturel de Malestroit. 

Table des matières
  • Fiat lux, de Corinne Valton
  • Puisqu’il s’agit de la nuit, de Claire-May Blanc
  • Intérieur, nuit, de Marianne Pistone
  • Un peu moins de nuit, d’Éric Souriat
  • Crépuscule, de Rémi Proville
  • Nocturnes, de Dean Venetza
  • Le cimetière des hérissons, de Lucie Heiligenstein
  • La marelle, de Bruno Cornières
  • Le novice, d’Élodie Coudert
  • Au-delà de la nuit, de Lamiae Chaali
  • Gauguin ébloui, de Gilles Le Montagner
  • Les murs ne verront pas la différence, de Louise Miara
  • Délivrance, de Pascale Corde Fayolle
  • Comme un lapin, de Patrick Pierre
  • L’allumeuse, de Stéphane Mouton
  • Résurgences, de Rémy Le Chêne
  • Une danse infinie, d’Élodie Auer
  • Éclaire-moi, d’Audrey Bernhardt
  • Volte-face, de Gaëlle Le Quernec
  • « Mehr Licht ! », d’Adeline Roussel

 

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  • Stéphane Batigne éditeur, 2016
  • 146 p.
  • 14,8 x 21 cm
  • ISBN : 979-10-90887-47-3
  • 13,50 €

Extrait

Les nuages s’étaient espacés, seule une poignée d’étoiles évitait à la nuit d’être totale. Les lampes de poche, les lumières des bougies se faisaient plus nombreuses derrière les fenêtres. Pauline, les pieds dans le vide, se sentait de moins en moins à l’aise. Elle regarda l’heure : son téléphone afficha 6:43 avant de s’éteindre définitivement. Elle essaya de refouler sa frayeur, ferma les yeux, se força à respirer calmement, à ne pas bouger. Ce n’était pas une simple panne de courant. À cette heure-ci, en cette saison, le soleil aurait dû être levé !
(«Nocturnes», de Dean Venetza)

Il y avait bien un inter­stice entre la moquette et le bas de la porte. Là passait un « jour », ligne de lait, horizontale (ainsi que font les traits d’aube parfois sur fond de nuit), et une seconde fente, verticale, entre les deux battants des portes. Ces espaces auraient pu laisser passer la voix de la mère. Mais l’atrocité des mouettes, ici, pouvait tout emporter et tout emporta. Et le vent et les âmes et toutes les autres choses, les placards à balais, les enfants enfermés, la bouffe des chats, les fours, la viande, le chignon de maman.
(«Intérieur, nuit», de Marianne Pistone)

J’ai toujours eu la peau blanche. J’avais beau essayer de bronzer, rien n’y faisait : au mieux, je prenais quelques coups de soleil qui disparaissaient vite et mon épiderme retrouvait sa teinte laiteuse. Je suppose que ça avait son charme. Maintenant... Je me demande à quoi elle ressemble, ma peau. Je me demande quelle tête j’aurais si je pouvais croiser mon reflet dans le miroir – mais, ici, il n’y a pas de miroir. Il n’y a rien d’autre que l’obscurité et ce silence écrasant qui semble prendre plus de place que moi dans la pièce. Je suis seule et pourtant, je me sens obligée de raser les murs.
(«Les murs ne verront pas la différence», de Louise Miara)